Des Étoiles pour l'Europe !
Une nouvelle aventure
Dans le prolongement de plusieurs expéditions et voyages, effectués notamment en famille dans l’archipel des Féroé en 2015, aux USA en 2017, dans les régions Arctiques en 2023, nous réalisons, depuis le jeudi 16 avril, une nouvelle aventure en famille de trois mois. Voyage professionnel pour Olivier Sauzereau, dans le cadre d’un travail astronomique en lien avec l’histoire des sciences, l’objectif est de faire un tour de l’Europe de l’astronomie à travers les États membres de l’ESO (European Organisation for Astronomical Research in the Southern Hemisphere).
Créée en 1962, lors de la signature d’une convention à Paris par cinq pays européens, l’European Southern Observatory est aujourd’hui constitué de seize pays européens. Tout comme l’agence spatiale européenne, l’ESA, beaucoup plus connue auprès du grand public, l’ESO est totalement indépendante de l’Union Européenne. Nous pouvons d’ailleurs remarquer que la Suisse et l’Angleterre font partie de l’ESO.
L’ESO est aujourd’hui à la pointe de la recherche scientifique et du développement des outils d’observation du ciel astronomique. Elle est actuellement en train de terminer la construction du plus grand télescope au monde dont l’optique principale fera 39 mètres de diamètre, avec une mise en service pour 2028 !
Un voyage réalisé en trois parties
Cette aventure à travers l’Europe de l’astronomie de l’ESO va tout d’abord être effectuée dans une première partie de trois mois, d’avril à juillet 2026, à travers 12 pays (France, Suisse, Italie, Autriche, République tchèque, Pologne, Allemagne, Danemark, Suède, Finlande, Pays-Bas, Belgique). Une autre partie du voyage se fera en août 2026, en Espagne et au Portugal, en profitant de l’évènement astronomique exceptionnel de l’éclipse totale de Soleil du 12 août 2026. Enfin, une dernière partie s’effectuera durant les vacances d’automne 2026 pour l’Angleterre et l’Irlande.
Objectif(s)
L’objectif initial de ce projet est de créer des traits d’union entre ces différents pays de l’ESO à travers un voyage personnel et non institutionnel. Rencontrer des astronomes, amateurs ou professionnels, collecter des impressions, des histoires personnelles autour de la pratique de l’astronomie, présenter une histoire commune de l’astronomie européenne et celle de l’ESO… Mais l’idée est également de profiter de cette aventure, avec notre véhicule tout terrain aménagé, pour aller pratiquer l’observation et la photographie astronomique dans des lieux naturels propices. L’expérience montre qu’un instrument d’observation astronomique est un véritable aimant pour des rencontres humaines, pour amorcer des discussions, et faire découvrir l’astronomie. Nous comptons ainsi tout au long de ce voyage provoquer des interactions avec un public néophyte, parler de ce tour de l’Europe de l’astronomie de l’ESO, faire découvrir et présenter cette institution européenne trop méconnue et montrer combien les Européens, lorsqu’ils sont unis, peuvent réaliser des prouesses jusqu’à construire le futur plus grand télescope au monde !
C’est un voyage très politique - dans le sens noble du terme - que nous projetons ainsi de faire.
Tout au long de ce voyage, l’idée sera de réaliser des podcasts, produire des images et des vidéos et de collecter le maximum d’informations et d’impressions pour l’écriture d’un livre, mais aussi pour des conférences et exposés dans les écoles.
Petite présentation de l’ESO
L’Europe de l’astronomie ! Dans l’esprit du grand public, néophyte sur les questions liées à l’astronomie, le désert d’Atacama au Chili est souvent associé à la qualité incroyable de son ciel étoilé et à la présence de grands observatoires astronomiques. De nombreux documentaires, magazines et chaines d’informations télévisées, nous montrent assez régulièrement ces installations gigantesques, tels le VLT ou le réseau ALMA. Parfois, quelques personnes, plus attentives, ont retenu que les Européens sont impliqués dans la construction et la mise en place de ces observatoires. Mais il s’agit alors, en général, d’une confusion avec l’Union Européenne. Ces observatoires d’Atacama ont en effet été réalisés par les Européens de l’ESO. Force est de constater que, malgré plus de soixante années d’existence et de réussites scientifiques majeures dans les découvertes sur l’Univers, le grand public méconnait l’ESO.
Le futur plus grand télescope au monde, le ELT, de 39 mètres de diamètre, en cours de construction par les Européens de l'ESO à Atacama au Chili. © ESO
Rencontre avec l'astronome Baptiste Lavie, spécialiste des exoplanètes, à l'Observatoire de Genève, qui nous a offert une incroyable découverte de l'observatoire.
Nous avons eu droit à une visite exceptionnelle de l'ancien observatoire de Bologne, au Museo della Specola, avec l'astrophysicienne Marcella Brusa.
Voici quelques cartes postales vidéo sur nos différentes étapes, montées dans les conditions du voyage - soyez donc indulgent sur les aspects techniques du montage - mais qui vous donneront tout de même une bonne idée de notre voyage.
Genève & Bologne
Une vidéo dans laquelle nous découvrons l'Observatoire de Genève avec l'astronome Baptiste Lavie, qui nous a offert une passionnante découverte des installations scientifiques de l'observatoire, puis la ville de Bologne, sur les traces de l'astronome du XVIIe siècle Jean-Dominique Cassini, avec le passage du Soleil sur la méridienne de San Petronio.
L'ancien observatoire de Bologne
Cette vidéo est consacrée à notre visite de l'ancien observatoire astronomique de Bologne, au Museo della Specola de l'université de Bologne. Une très belle rencontre avec l'astrophysicienne Marcella Brusa, directrice scientifique du musée et, pour ce qui me concerne, une belle découverte sur une page de l'histoire de l'optique des télescopes que j'ignorais totalement.
Une carte en ligne pour nous suivre
Une carte personnalisée est désormais disponible en ligne pour nous suivre tout au long de notre parcours à travers l'Europe de l'astronomie de l'ESO. Cette carte est encore en construction, mais très prochainement des images et vidéos seront accessibles à partir des différents marqueurs qui jalonnent notre circuit.
Samedi 25 avril 2026, nord de l'Italie, Bologne.
Image de la Lune, prise le vendredi 24 avril au soir, à la lunette Takahashi de 100/800 mm, avec barlow Télévue 2,5.
Nous continuons notre voyage à travers l'Europe, et je ne peux résister au plaisir de vous transmettre les émotions astronomiques ressenties, lors de notre dernière nuit passée dans les Alpes italiennes. La qualité des images de la surface lunaire à l'oculaire de la lunette était stupéfiante avec une quasi absence de turbulence, donnant le sentiment d'être l'œil collé au hublot d'un vaisseau spatial en approche de notre satellite naturel ! Une région lunaire m'a particulièrement attirée. Celle des Alpes lunaires projetant son ombre sur la mer des Pluies, une ombre en forme de château extraordinaire avec des tourelles démesurées ! J'avais alors vraiment l'impression d'admirer un château de la Belle au Bois dormant. Je dois vous avouer avoir été magnétisé par la beauté de cette image dantesque. L'une de ces ombres est celle du Cap Deville, à 1300 mètres d'altitude. Le Cap Deville qui, pour l'anecdote, porte le nom du savant Charles Sainte-Claire-Deville, qui se trouve être… l'arrière arrière grand père de mon épouse Maguy ! Près du Cap Deville, se trouve le Mont Blanc lunaire, qui culmine à 3600 mètres. Une autre chaîne montagneuse lunaire est également particulièrement spectaculaire, celle des Apennins Lunaires. Enfin, le cirque Cassini, avec ses 57 km de diamètre, est particulièrement visible ce soir là.
Il s'agit là d'une belle association de symboles liés à cette nouvelle aventure que nous commençons tout juste ! Après être passé sous le Mont Blanc, de la France à l'Italie, nous bivouaquons dans les Alpes italiennes. Nous venons aujourd'hui de longer la Chaîne des Apennins avec ses sommets enneigés, pour arriver à Bologne où nous passons actuellement la nuit dans le camping. Et demain matin, nous irons dans cette ville sur les traces du célèbre astronome Jean-Dominique Cassini !
Voici deux images prises durant cette exceptionnelle nuit d'observation.
Dimanche 3 mai
Près de Brno, République tchèque.
L'aventure Des Étoiles pour l'Europe est commencée depuis plus de deux semaines. Nous faisons une petite pause bien méritée chez des amis tchèques, près de la ville de Brno. Une pause nécessaire, pour recharger les batteries, numériques et humaines, après deux semaines exceptionnelles et intenses. Je vais profiter de ces quelques jours de pause en République tchèque pour enfin commencer à prendre le temps de classer les images, traiter les vidéos, et faire une première synthèse de ce début de voyage extraordinaire à travers l'Europe de l'ESO Astronomy.
Que de souvenirs et d’impressions tout au long de ces quelques 2500 kilomètres parcourus ! Une formidable rencontre à l'Observatoire de Genève avec l'astronome Baptiste Lavie, qui nous a offert une passionnante découverte des installations scientifiques de l'observatoire. Des bivouacs incroyables dans les Alpes italiennes, avec de magnifiques observations lunaires. Une journée sublime dans la ville de Bologne, sur les traces de l'astronome du XVIIe siècle, Jean-Dominique Cassini, avec le passage du Soleil sur la méridienne de San Petronio, sans oublier une exceptionnelle visite de l'ancien observatoire de Bologne, au Museo della Specola, avec l'astrophysicienne Marcella Brusa. Une très belle et émouvante rencontre à Linz, avec le talentueux astronome amateur Erich Meyer, qui nous a fait une passionnante découverte de sa ville sur les traces de l'astronome mathématicien du XVIe et XVIIe siècle, Johannes Kepler.
Un premier sentiment ressort avec force, après toutes ces premières rencontres avec ces astronomes en Suisse, en Italie, en Autriche, et actuellement en République Tchèque. Celui d’appartenir et d’être lié à une communauté. Nous sommes Français, Italiens, Autrichiens, Tchèques, et bien d’autres. Nos destins se sont parfois opposés. Et pourtant, nous avons une histoire commune et partagée à travers notamment les sciences de l’Univers. Et désormais, nous faisons partie d’une même organisation, l’ESO, capable de réaliser de formidables prouesses technologiques et scientifiques en construisant les plus grands télescopes de la planète pour explorer l’Univers !
Rencontre avec l'astronome Baptiste Lavie, à l'Observatoire de Genève.
Passage du Soleil au méridien, à San Petronio de Bologne.
Visite de l'ancien observatoire de Bologne, avec l'astrophysicienne Marcella Brusa.
Sur les traces du mathématicien Johannes Kepler, à Linz, en compagnie de l'astronome Erich Meyer.
Mardi 12 mai, Skalice nad Svitavou, près de Brno, République tchèque.
Première Carte postale vidéo
Voici une première carte postale vidéo sur le début de notre aventure Des Étoiles pour l'Europe. Soyez indulgent pour l'aspect technique… le montage est effectué dans les conditions du voyage et de nombreux défauts subsistent dans cette petite vidéo. Elle vous donnera néanmoins un petit aperçu de ce voyage extraordinaire de l'Europe de l'astronomie.
Jeudi 14 mai, Zory, dans la voïvodie de Silésie, Pologne.
Nous sommes désormais en Pologne et nous avons rendez-vous ce midi à l’Observatoire Planétarium de Silésie, à Chorzów, près de la ville de Katowice. Avant-hier, nous étions avec des responsables de l’Observatoire planétarium de Brno, en République tchèque, pour une visite exceptionnelle passionnante.
J’avais été fasciné, lors de ma première visite de la République tchèque en 2006, par la qualité et l’accessibilité pour le grand public à des observatoires astronomiques. Notre rendez-vous à l’Observatoire planétarium de Brno n’a fait que confirmer cette première impression. Après la Seconde guerre mondiale, une forte volonté politique permet la mise en place de centres de découverte de l’astronomie. Celui de Brno en est un exemple remarquable. La mobilisation de la population était grande, jusque dans la construction des bâtiments et l’installation des instruments. Aujourd’hui, le passé et le patrimoine de l’observatoire et de son planétarium sont avec intelligence entremêlés avec les techniques les plus modernes de la médiation culturelle scientifique.
Nous avons eu droit à un accueil fantastique de la part de Ondrej Kamensky et Pavel Karas, avec en cadeau quelques présents, tel ce magnifique ouvrage sur l’histoire de l’astronomie à Brno et deux ravissantes figurines d’un petit “extraterrestre” devenu avec beaucoup d’humour, depuis quelques années, le symbole de cette institution.
Vendredi 15 mai, près de Wroclaw, Pologne.
Notre voyage à travers l'Europe de l'astronomie de l'ESO Astronomy se poursuit avec bonheur. Hier, nous avions rendez-vous avec Damian Jabłeka, directeur adjoint du Planétarium de Silésie, à Chorzów en Pologne. Nous avons eu droit à une visite exceptionnelle de l'ensemble de l'établissement, et le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est très impressionnant ! La qualité de l'infrastructure, tout comme à Brno en République tchèque, est d'un très haut niveau, mariant le patrimoine et l'histoire du lieu avec les technologies les plus modernes.
Construit par la volonté du gouvernement durant la période communiste, en 1955, le choix d'installer en Silésie, à Chorzów, un tel établissement est lié au fort contexte ouvrier d'une région spécialisée dans l’extraction du charbon. Selon Damian Jableka, il s'agissait là d'une forme de remerciement aux ouvriers pour leur travail. Il apparait que les choix ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux de la Tchécoslovaquie à la même époque. Si en Tchécoslovaquie, il y a une multiplicité d’installations, très belles et parfaitement équipées, elles restent toutefois à des tailles raisonnables. Ici, en Pologne, des moyens considérables sont mis dans une région particulière, de par sa nature ouvrière, avec des dimensions très impressionnantes. Une coupole de planétarium de 23 mètres de diamètre, une lunette Zeiss de 30 de diamètre, à l'époque la plus grande de Pologne pour une lunette réfracteur. La mise en scène architecturale est spectaculaire, avec le bâtiment du planétarium en forme de Saturne. Au cours des années 2010, l’ensemble du site connait une totale rénovation et est aujourd’hui à la pointe de la technologie dans les outils de médiation en culture scientifique sur l’astronomie et la géophysique. Le moins que l'on puisse dire, c'est que Elouan et Youna étaient particulièrement fascinés, tout en apprenant de nombreuses notions scientifiques. Une très belle visite, doublée d'une très émouvante rencontre avec Damian Jabłeka.
Lundi 18 mai, Wernsdorf, près de Berlin
Grande journée hier à Berlin. Pour Elouan et Youna, ce sont quelques grands chapitres de l’Histoire que nous avons pu découvrir et expliciter, avec le Bundestag, la porte de Brandebourg, la Pariser Platz, le Mémorial de l’Holocauste, les vestiges du mur de Berlin… Dans le cadre de notre aventure à travers l’Europe de l’astronomie de l’ESO, de cette communauté de seize pays unis dans la recherche astronomique et capable de réaliser des prouesses dans l’étude de notre Univers, ce passage dans Berlin avait une symbolique particulièrement forte !
Nous avions ensuite rendez-vous avec Felix Lühning, à l’Observatoire Archenhold, le plus grand et le plus ancien observatoire populaire d’Allemagne.
Une visite exceptionnelle durant laquelle nous avons eu accès aux trésors et aux coulisses les plus secrètes de cet étonnant observatoire. Elouan et Youna ont été particulièrement étonnés de découvrir la qualité, la beauté et la fraicheur de certains livres de la bibliothèque, dont un ouvrage des années 1550 ! Mais bien évidemment, la pièce maitresse de cette institution est sa grande lunette qui domine la terrasse du bâtiment principal. Les mots manquent pour décrire cet instrument digne de figurer dans un roman de Jules Verne. La particularité de cette lunette, de 68 cm de diamètre et de 21 mètres de longueur focale, est d’être à l’espace libre. Pas de coupole, pas d’abris, si ce n’est pour la partie oculaire lorsqu’elle est au repos. Lorsque l’on arrive en vue de l’observatoire, on est véritablement fasciné par ce « canon géant » pointé vers la voûte céleste. La place me manque bien évidemment ici dans cette publication Facebook pour présenter l’histoire et les vicissitudes de cet observatoire et de sa grande lunette, dont la mise en service date de 1896 pour la Grande exposition industrielle de Berlin.
Mais rassurez-vous, j’ai près de trois heures d’enregistrement vidéo avec Felix Lühning ! De quoi nourrir un beau projet de livre sur cette aventure à travers l’Europe de l’astronomie.
Nuit du lundi 1er au mardi 2 juin, bord du lac Ljustjärnen, Suède.
Il est un peu plus d'une heure du matin. Maguy, les enfants et le chat dorment dans le Land Rover. Nous sommes en bivouac en pleine nature, face au Lac Ljustjärnen. Le paysage est exceptionnel. J'ai profité d'un début d'éclaircie, vers 23h30, pour commencer un time lapse avec le paysage du lac et un ciel… dénué d'étoiles, ou presque. Voici une image prise simplement avec mon smartphone, en direction du nord, et qui donne une bonne idée de l'ambiance nocturne. Il est 1h du matin, et c'est très exactement le milieu de la nuit ! Le Soleil passe en effet tout juste au nord à seulement 8°26' sous la ligne d'horizon, avant de commencer sa remontée pour une nouvelle journée. Eh oui, nous sommes presque à 60° de latitude nord, à moins de 7° du cercle polaire. Ici il n'y a plus de nuits étoilées à cette saison, car le Soleil ne descend pas suffisamment sous l'horizon.
L'ambiance est assez étonnante et magique. Le silence dans la forêt est absolument total. Pas un vent, pas un craquement de branche, aucun oiseau, rien. Seul le léger bruit régulier du déclenchement de mon appareil photographique trouble la nuit. Et, pour ne rien vous cacher, cela a presque quelque chose de délicieusement inquiétant car, à vrai dire, je ne connais pas du tout le monde sauvage de cette région. Présence de loups, ours… je l'ignore.
Ce sont des moments fascinants durant lesquels je me sens en totale harmonie avec l'Univers.
Mardi 9 juin, à bord du ferry Viking Glory, entre la Finlande et la Suède.
Nous venons de quitter la Finlande et ce soir nous débarquerons à Stockholm. Hier, dans le cadre de notre aventure à travers l’Europe de l’astronomie de l'ESO, nous avions rendez-vous avec les astronomes finlandais Kari Nilsson et Elina Lindfors à l’observatoire de Tuorla près de Turku. Kari nous a entraîné dans des endroits rarement ouverts au public, nous offrant une visite extrêmement privilégiée de cet observatoire. Pour ne rien vous cacher, je n’avais aucune idée de ce que nous allions découvrir et l’observatoire de Turku, avant de commencer à préparer notre aventure, était inconnu pour moi. Le moins que l’on puisse dire, c’est que je vais aller de surprise en surprise en découvrant avec Kari cet étonnant observatoire. Fondé en 1952, en remplacement de l’observatoire d’Iso-Heikkilä alors désormais trop près du centre-ville de Turku et de sa pollution lumineuse, l’histoire de ce nouvel observatoire est tout d’abord entremêlée avec celle de son directeur fondateur Yrjö Väisälä. Formidable découvreur d’astéroïdes, c’est un remarquable opticien concevant notamment avec succès un télescope réflecteur photographique anastigmatic, dans les années 1920, soit plusieurs années avant les travaux de Bernhard Schmidt et de son célèbre télescope éponyme. Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec notre visite de l’ancien observatoire de Bologne, au début de notre aventure, et les expériences de conception par Guido Horn d’Arturo de nouveaux télescopes à miroirs segmentés dans les années 1930 et 1950. Un bouillonnement que je retrouve dans l’observatoire finlandais à la même époque. À l’observatoire de Turku, Yrjö Väisälä fera ainsi, entre autres, des expériences de télescopes à miroirs multiples, qui se révèleront à l’époque décevantes. Cette tradition de conception d’optique se perpétue aujourd’hui encore, et Kari nous fait visiter les ateliers de constructions de miroirs d’où sont sortis les optiques du télescope suisse Euler, installé à l’observatoire de l’ESO au Chili, ou encore le miroir du télescope spatial Herschel.
Aujourd’hui, les astronomes de l’observatoire de Tuorla n’utilisent pratiquement plus, pour la recherche, les instruments situés sur le site, et la participation de la Finlande à l’Europe de l’astronomie de l’ESO a offert de nouvelles opportunités avec l’utilisation des télescopes des observatoires de l’ESO installés dans le désert d’Atacama au Chili. Naturellement, ce que je vous dis n’est qu’une petite synthèse de ce que nous avons découvert au cours de cette visite, et comme pour chaque observatoire il me faudra retranscrire les deux ou trois heures d’enregistrements vidéo pour décrire dans le détail cette visite.
Ce soir, nous serons de nouveau en Suède. Jeudi nous avons rendez-vous à l’observatoire d’Uppsala. Mardi de la semaine prochaine, nous serons au Danemark à l’observatoire de Copenhague, puis à celui d’Aarhus. Les étapes suivantes sont les Pays-Bas et enfin la Belgique. Nous avons encore près d’un mois de voyage pour boucler cette première partie de tour de l’Europe de l’astronomie de l’ESO, et désormais notre parcours nous fait progressivement revenir vers la France.
Vendredi 12 juin, près de Västerås, sud-ouest d’Uppsala, Suède
Souvenirs de l'Observatoire d'Uppsala
“Unis dans la diversité”. Cette magnifique devise de l’Union européenne pourrait être celle de l’ESO, cette organisation européenne à l’origine des plus grands observatoires astronomiques au monde, et notre aventure à travers cette Europe de l’ESO ne fait que le confirmer. Après notre découverte de l’observatoire de Turku, en Finlande, nous avions rendez-vous hier avec Eric Stempels du département de physique et d’astronomie de l’université d’Uppsala. Lorsque j’étais adolescent et tout jeune astronome amateur, le nom d’Uppsala était associé à des images du grand nord ! Nous en sommes bien évidemment encore très loin et, en cette fin de printemps, la ville a un charme romantique indéniable, bien loin de mon imaginaire d’enfant. Eric, nous a fait une passionnante visite – dans la langue de Molière - de l’ancien observatoire d’Uppsala. Nous sommes restés un long moment dans la grande coupole abritant la superbe double lunette de 36/33 cm. Dans un décor digne d’un roman de Jules Verne, Eric nous a présenté l’histoire des différents observatoires d’Uppsala au cours des siècles. Parler de l’histoire de l’astronomie à Uppsala, c’est tout d’abord évoquer Anders Celsius, fondateur du premier observatoire dans les années 1730. Membre de la prestigieuse expédition de l’académicien de Maupertuis au Cercle polaire pour mesurer la forme exacte de la Terre, et inventeur de la fameuse échelle relative des températures, le nom de Celsius est aujourd’hui mondialement connu avec le degré Celsius. Le deuxième observatoire d’Uppsala, celui que nous visitons, a été dirigé par une autre personnalité mondialement connue également : Anders Ångström – dont le nom est dédié à une unité de longueur valant 0,1 nanomètre - l’un des pionniers de la spectroscopie. L’observatoire d’Uppsala est toujours aujourd’hui à la pointe dans le domaine de la spectroscopie, perpétué notamment par Eric Stempels qui travaille, en collaboration avec d’autres laboratoires européens, à la création du futur spectrographe à haute résolution, le projet ANDES, qui doit équiper le ELT, le télescope de 39 mètres de diamètre en cours de construction par les Européens de l’ESO dans le désert d’Atacama au Chili. Nous roulons désormais en direction du Danemark. Dimanche, nous avons un rendez-vous que j’attends avec impatience, avec la responsable du musée Tycho Brahe sur l’ile de Ven, là où se trouvait le plus extraordinaire des observatoires européens du XVIe siècle !
Lundi 15 juin, Helsingør, Danemark
Compte rendu du Musée Tycho Brahe
Nous venons de quitter la Suède en prenant le ferry à partir de Helsingborg, à bord du… Tycho Brahe. Un joli clin d’œil que le nom de ce navire pour rejoindre le Danemark. Hier, nous étions justement sur l’ile de Ven, là même où l’astronome Tycho Brahe avait installé son fabuleux observatoire, l’Uraniborg. Nous avions rendez-vous avec Lovisa Danielsson, responsable du musée Tycho Brahe. Une très belle rencontre humaine qui nous a permis d’aller sur les traces du plus célèbre astronome de la Renaissance. S’il ne reste quasiment plus rien de ses fabuleuses installations du XVIe siècle, le musée permet de se plonger dans l’atmosphère et l’histoire de cette période fascinante. Le musée fête actuellement les 450 années du début de la construction de l’observatoire d’Uraniborg, en 1576, et il y avait quelque chose d’émouvant de découvrir la première pierre de ce château des étoiles, exposée désormais dans l’une des vitrines. Les travaux astronomiques réalisés par Tycho dans son observatoire seront, durant le premier tiers du XVIIe siècle, les bases sur lesquelles le mathématicien Johannes Kepler établira ce que l’on nommera plus tard les lois de Kepler, et qui permettront d’établir des tables astronomiques d’une précision exceptionnelle. Pour l’occasion de cet anniversaire, une magnifique reconstitution du globe céleste de Tycho Brahe, le globe Magnus, a été inaugurée dans les jardins du musée, à son emplacement original exact, du temps où Uraniborg existait. Comme toujours au cours de cette aventure hors norme, les rencontres humaines que nous faisons sont d’une richesse extraordinaire. Et celle avec Lovisa Danielsson était particulièrement forte et émouvante. Elle était véritablement fascinée par le concept de notre voyage à travers l’Europe de l’astronomie de l’ESO. Et comme je lui faisais remarquer, et si je puis me permettre cette comparaison, le futur plus grand télescope au monde en cours de construction par les Européens de l’ESO, dans le désert d’Atacama au Chili, c’est d’une certaine manière le Uraniborg des temps modernes.
Mercredi 17 juin, à bord du ferry pour Aarhus
La visite de la Rundetårn, à Copenhague
La lumière ne se propage pas instantanément. Elle a une vitesse avec une valeur finie et met un certain temps pour parcourir l’espace. Nous avons donc une image du passé lorsque nous observons les astres. Cette découverte exceptionnelle, nous la devons à l’astronome Ole Rømer, astronome danois né à Aarhus en 1644 et mort à Copenhague en 1710. Et c’est pour aller sur les traces de ce savant que nous avions rendez-vous hier avec Christina Toldbo, astrophysicienne et responsable de l’observatoire situé à la Rundetårn, à Copenhague. La Tour ronde de Copenhague, en danois « Rundetårn », est considérée comme étant le plus ancien observatoire d’Europe toujours en fonction. Mis en service en 1642, par ordre du roi Christian IV, l’observatoire accueille en 1671 l’astronome français Jean Picard, de l’Académie des sciences, qui vient y effectuer des observations astronomiques dans le but de préciser la position de l’ancien observatoire de Tycho Brahe sur l’ile de Ven, située juste en face de Copenhague. C’est ainsi que l’astronome français fait la connaissance d’Ole Rømer. Constatant les exceptionnelles qualités de l’astronome danois pour les observations astronomiques, Jean Picard le convaincra de venir travailler à l’Observatoire royal de Paris. C’est en étudiant le mouvement de la lune Io autour de Jupiter que Ole Rømer fait la découverte que la lumière se propage avec une vitesse finie, avec pour conséquence que l’image que nous voyons des astres arrive avec retard. Il en déduit, avec les données de l’époque, que la lumière devrait mettre 22 minutes pour parcourir le diamètre total de l’orbite de la Terre (en réalité près de 16 minutes). L’annonce de cette découverte est faite en 1676 dans le « Journal des Sçavans », soit il y a très exactement 350 ans. Les conclusions de Rømer n’ont pas été immédiatement admises par l’ensemble de la communauté savante de l’époque, et contrairement à ce qui est bien souvent affirmé, Rømer n’a pas calculé la vitesse de la lumière. Les travaux de Rømer n’en sont pas moins exceptionnels en donnant la première preuve du caractère fini de la vitesse de la lumière, et c’est pour fêter l’anniversaire de la publication de 1676 que la Rundetårn a mis en place une magnifique exposition consacrée à l’astronome Rømer et à la lumière. Nous avons eu droit à une remarquable visite de cette exposition et de l’ensemble de la tour par Christina Toldbo, et je puis vous assurer que ma besace de sensations, d’images et d’anecdotes s’est remplie avec un immense bonheur.
Notre aventure Des Étoiles pour l’Europe continue et je vous écris actuellement depuis le ferry qui nous emmène à Aarhus où nous avons rendez-vous tout à l'heure avec le directeur de l’observatoire Rømer.
Mardi 23 juin, Amsterdam
Découverte de l'observatoire d'Aarhus
Rassurez-vous ! Tout va bien pour nous. Nous sommes désormais aux Pays-Bas, près d’Amsterdam. Ce tour de l’Europe de l’astronomie de l’ESO Astronomy est tellement intensif et riche en rencontres, sans compter la vie et l’organisation familiale à bord du Land Rover et bien évidemment la route… que nous ne voyons pas le temps passer, et il n’est pas facile de trouver le moment pour écrire, se poser et publier.
Après avoir quitté Copenhague il y a une semaine, nous avons pris la direction d’Aarhus, deuxième ville du Danemark. Il se trouve que c’est également le lieu de naissance du fameux astronome Ole Rømer, le 25 septembre 1644, que j’ai eu l’occasion déjà de vous présenter lors ma publication précédente. Nous avons justement rendez-vous, ce mercredi 17 juin, avec Ole Eggers Bjælde, responsable de l’observatoire Ole Rømer d’Aarhus, et avec Jens Vellev, professeur d’histoire médiévale et de la Renaissance à l’université. L’observatoire Ole Rømer ne date pas du tout de l’époque de l’illustre astronome du XVIIe siècle, mais a été fondé en 1911 dans un magnifique style architectural art nouveau. Le hall d’entrée est particulièrement remarquable, avec notamment une représentation de Ole Rømer sculpté sur l’un des murs. L’histoire de la fondation de l’observatoire est étonnante. C’est grâce à la volonté et le mécénat d’un allemand, Friedrich Krüger, que l’institution voit le jour. Mais le contexte politique et militaire de l’époque rendra les intentions de Krūger suspectes. Certains se sont imaginés que les télescopes pouvaient adresser des messages en morse aux navires, ou bien que les fondations de l’observatoire pouvaient servir à des canons ! Cette visite privilégiée était accompagnée de Jens Vellev qui nous a ensuite proposé de venir prendre le café chez lui pour continuer la discussion. Mon souhait de rencontrer ce professeur d’histoire de l’université d’Aarhus, est lié à son intérêt et ses travaux sur l’astronome Tycho Brahe. Jens est actuellement en train de préparer un ouvrage sur le fondateur d’Uraniborg, en se servant des multiples notes que Tycho indiquait vis-à-vis de ses observations météorologiques, notamment en indiquant les noms de ses visiteurs dans son château des étoiles de l’ile de Ven. Jens est également à l’origine d’un évènement qui a fait la une des journaux du monde entier en 2010 avec la réouverture du tombeau de Tycho Brahe à Prague pour tenter de comprendre les causes de la mort du plus grand astronome de la Renaissance. Une véritable enquête policière, que Jens nous a contée autour d’un café et d’un délicieux schnaps venant d’une ile danoise. Un moment hors du temps et qui me permet désormais de clamer que j’ai pu toucher l’homme… qui a touché Tycho Brahe !
Bruxelles, dimanche 28 juin 2026
Là où tout à commencé, ou presque, à Leyde
Nous approchons de la fin de cette première partie du tour de l’Europe de l’astronomie de l’ESO. Demain lundi, nous aurons notre dernier rendez-vous, à l’Observatoire Royal de Belgique. La préparation de ces rencontres avec des astronomes ou des historiens se fait bien souvent dans les jours précédents, et je dois bien avouer un peu « à l’arrache ». Cette aventure n’a rien d’institutionnel, et l’idée est de jouer sur la magie des rencontres et du hasard. Et jusqu’à présent, nous avons eu énormément de chance avec un accueil à chaque fois exceptionnel dans les différentes institutions et interview. Mais pour les Pays-Bas, les choses semblaient beaucoup plus compliquées. Je souhaitais pouvoir aller sur les traces du célèbre astronome hollandais Christian Huygens, découvreur au XVIIe siècle des anneaux de Saturne et de Titan, entre autres. Mais tous mes projets d’interviews ou de visites dans les lieux appropriés échouaient. Mon autre souhait était d’aller à l’ancien observatoire de Leyde. Son directeur, Jean Oort, dans les années 1950, a en effet joué un rôle déterminant dans la création de l’ESO. Mais là aussi, le sort était a priori contre nous. La veille de notre rendez-vous, que j’avais réussi à avoir, nous apprenons que les visites de l’intérieur de l’observatoire ne seront pas possibles ce jour-là, pour cause de canicule. Il nous était toutefois possible de photographier et filmer l’extérieur de l’observatoire, ainsi que, peut-être, une plaque de commémoration sur la création de l’ESO placée dans un couloir de l’université. Rien de certain donc, le hasard allait jouer un grand rôle, mais il y avait un fort risque que cela tourne un peu court. Pourtant, le miracle s’est produit ! Une jeune étudiante en astronomie de l’université, Feline Stegeman, a accepté d’être interviewée, donnant ainsi l’image de l’avenir de la recherche en astronomie. Et grâce à la grande gentillesse du personnel de l’université, nous avons pu accéder et admirer l’incroyable salle du Sénat de l’université. Une salle entièrement recouverte sur ses murs de portraits de professeurs de l’université depuis le XVIIe siècle, dont celui de Jean Oort, aujourd’hui mondialement connu pour le fameux nuage de comètes qui enveloppe notre Système solaire. C’est précisément dans cette salle que, le 26 janvier 1954, douze astronomes de six nations européennes, invités par Jean Oort, se sont réunis pour parler de l’idée de créer une coopération européenne dans le but d’établir un grand observatoire astronomique dans l’hémisphère sud. A l’issue de cette réunion, un document exprimant ce vœu fut signé par ces douze savants. Il faudra encore attendre huit années pour que l’ESO soit vraiment créée. Mais cette réunion du 26 janvier 1954 avec ce document – dont on remarquera qu’il est écrit en français – est un acte majeur dans le processus de création de cette organisation scientifique, aujourd’hui à la tête de la recherche mondiale en astronomie. Il y avait quelque chose d’incroyablement émouvant de se retrouver dans celle salle prestigieuse de l’université de Leyde, dans le lieu même où cette formidable idée d’unir ces forces et énergies pour l’étude des sciences de l’Univers a commencée véritablement à germer et s’organiser. Et quel résultat ! Aujourd’hui, cette Europe de l’astronomie, réunissant seize pays, est en train de finir de construire le ELT, futur plus grand télescope au monde avec un objectif de 39 mètres de diamètre.
Jeudi 2 juillet 2026, Drain, France
L'Observatoire Royal de Belgique
Pour cette dernière étape de ce tour de l’Europe de l’astronomie de l’ESO, nous avions rendez-vous ce lundi à l’Observatoire royal de Belgique. En évoquant ce lieu, je ne peux m’empêcher d’avoir en tête l’aventure de Tintin dans l’Étoile mystérieuse. C’est en effet précisément dans cet observatoire, que le célèbre reporter vient chercher des renseignements sur l’astre étrange qu’il vient de remarquer dans le ciel. Il est vrai, Hergé habitait non loin de l’observatoire, et il connaissait donc très bien la silhouette des coupoles se détachant sur le ciel. Mais pour cette visite, nous n’aurons pas à user du stratagème de Tintin pour tromper son gardien et y entrer. Nous ne recevrons pas de livres sur la tête et la petite araignée ne nous fera aucune frayeur ! Nous ne rencontrerons pas non plus le professeur Hippolyte Calys et n’aurons pas droit à des caramels mous pour fêter dignement la découverte du calystène par la méthode spectroscopique ! Une technique de recherche qui avait d’ailleurs laissé Tintin bien dubitatif… Non, ce lundi nous avons rendez-vous avec Hilde Langenaken. Hilde est notamment chargée, à l’Observatoire, de la communication, des Archives, du Musée et de la Bibliothèque. Elle est la mémoire de cette institution qui fête justement cette année son bicentenaire. Nous aurons droit, grâce à Hilde, à une remarquable visite historique de l’observatoire royal et de son histoire. Une histoire particulièrement entremêlée avec celle de la création du Royaume de Belgique.
L’Observatoire a été créé en 1826 à Saint-Josse-Ten-Noode, sous le nom d’Observatoire de Bruxelles et sur un territoire qui dépendait alors du royaume des Pays-Bas. L’observatoire est à peine en fonction qu’éclate, pratiquement sous ses fenêtres, la révolution Belge de 1830, permettant ainsi l’indépendance et la naissance du royaume de Belgique. En 1890, l’observatoire déménage sur son site actuel, sur la commune de Uccle. En 1954, son directeur fera partie des représentants des six pays réunis à l’université de Leyde pour participer à cette fameuse réunion à l’origine de la convention du 26 janvier 1954, émettant le vœu d’une organisation européenne de l’astronomie pour établir un observatoire dans l’hémisphère sud.
Tout comme pour les autres visites et rencontres de ce voyage, il m’est impossible de vous donner tous les détails de cette visite. Juste vous préciser que si j’ai été très intéressé par la visite du grand équatorial ou de l’impressionnant télescope de Schmidt, la visite de la coupole dédiée à l’observation du Soleil m’a particulièrement marqué. Chaque jour, la table équatoriale supportant toute une batterie d’instruments dédiés à l’étude du Soleil sont dirigés vers l’astre du jour. Et parmi ces instruments, une lunette est consacrée à la projection du Soleil sur un écran, sur lequel un gabarit en papier est positionné pour relever au crayon de bois la position et la forme des taches solaires. Une méthode à l’ancienne, qui permet ainsi d’avoir des relevés de la surface solaire réalisés avec le même protocole depuis des décennies. Chance pour nous, il y a justement ce jour-là sur le Soleil deux extraordinaires groupes de taches solaires que nous avons pu admirer, et que j’ai eu le plaisir et le privilège de pouvoir relever sur le gabarit officiel de l’Observatoire Royal !