Des Étoiles pour l'Europe !

Une nouvelle aventure

Dans le prolongement de plusieurs expéditions et voyages, effectués notamment en famille dans l’archipel des Féroé en 2015, aux USA en 2017, dans les régions Arctiques en 2023, nous réalisons, depuis le jeudi 16 avril, une nouvelle aventure en famille de trois mois. Voyage professionnel pour Olivier Sauzereau, dans le cadre d’un travail astronomique en lien avec l’histoire des sciences, l’objectif est de faire un tour de l’Europe de l’astronomie à travers les États membres de l’ESO (European Organisation for Astronomical Research in the Southern Hemisphere). 


 

Créée en 1962, lors de la signature d’une convention à Paris par cinq pays européens, l’European Southern Observatory est aujourd’hui constitué de seize pays européens. Tout comme l’agence spatiale européenne, l’ESA, beaucoup plus connue auprès du grand public, l’ESO est totalement indépendante de l’Union Européenne. Nous pouvons d’ailleurs remarquer que la Suisse et l’Angleterre font partie de l’ESO.

L’ESO est aujourd’hui à la pointe de la recherche scientifique et du développement des outils d’observation du ciel astronomique. Elle est actuellement en train de terminer la construction du plus grand télescope au monde dont l’optique principale fera 39 mètres de diamètre, avec une mise en service pour 2028 !

Un voyage réalisé en trois parties

Cette aventure à travers l’Europe de l’astronomie de l’ESO va tout d’abord être effectuée dans une première partie de trois mois, d’avril à juillet 2026, à travers 12 pays (France, Suisse, Italie, Autriche, République tchèque, Pologne, Allemagne, Danemark, Suède, Finlande, Pays-Bas, Belgique). Une autre partie du voyage se fera en août 2026, en Espagne et au Portugal, en profitant de l’évènement astronomique exceptionnel de l’éclipse totale de Soleil du 12 août 2026. Enfin, une dernière partie s’effectuera durant les vacances d’automne 2026 pour l’Angleterre et l’Irlande.

Objectif(s)

L’objectif initial de ce projet est de créer des traits d’union entre ces différents pays de l’ESO à travers un voyage personnel et non institutionnel. Rencontrer des astronomes, amateurs ou professionnels, collecter des impressions, des histoires personnelles autour de la pratique de l’astronomie, présenter une histoire commune de l’astronomie européenne et celle de l’ESO… Mais l’idée est également de profiter de cette aventure, avec notre véhicule tout terrain aménagé, pour aller pratiquer l’observation et la photographie astronomique dans des lieux naturels propices. L’expérience montre qu’un instrument d’observation astronomique est un véritable aimant pour des rencontres humaines, pour amorcer des discussions, et faire découvrir l’astronomie. Nous comptons ainsi tout au long de ce voyage provoquer des interactions  avec un public néophyte, parler de ce tour de l’Europe de l’astronomie de l’ESO, faire découvrir et présenter cette institution européenne trop méconnue et montrer combien les Européens, lorsqu’ils sont unis, peuvent réaliser des prouesses jusqu’à construire le futur plus grand télescope au monde ! 

C’est un voyage très politique - dans le sens noble du terme - que nous projetons ainsi de faire.

Tout au long de ce voyage, l’idée sera de réaliser des podcasts, produire des images et des vidéos et de collecter le maximum d’informations et d’impressions pour l’écriture d’un livre, mais aussi pour des conférences et exposés dans les écoles.


 

Petite présentation de l’ESO

L’Europe de l’astronomie ! Dans l’esprit du grand public, néophyte sur les questions liées à l’astronomie, le désert d’Atacama au Chili est souvent associé à la qualité incroyable de son ciel étoilé et à la présence de grands observatoires astronomiques. De nombreux documentaires, magazines et chaines d’informations télévisées, nous montrent assez régulièrement ces installations gigantesques, tels le VLT ou le réseau ALMA. Parfois, quelques personnes, plus attentives, ont retenu que les Européens sont impliqués dans la construction et la mise en place de ces observatoires. Mais il s’agit alors, en général, d’une confusion avec l’Union Européenne. Ces observatoires d’Atacama ont en effet été réalisés par les Européens de l’ESO. Force est de constater que, malgré plus de soixante années d’existence et de réussites scientifiques majeures dans les découvertes sur l’Univers, le grand public méconnait l’ESO. 

Le futur plus grand télescope au monde, le ELT, de 39 mètres de diamètre, en cours de construction par les Européens de l'ESO à Atacama au Chili. © ESO

Rencontre avec l'astronome Baptiste Lavie, spécialiste des exoplanètes, à l'Observatoire de Genève, qui nous a offert une incroyable découverte de l'observatoire.

Nous avons eu droit à une visite exceptionnelle de l'ancien observatoire de Bologne, au Museo della Specola, avec l'astrophysicienne Marcella Brusa.

Une carte en ligne pour nous suivre

Une carte personnalisée est désormais disponible en ligne pour nous suivre tout au long de notre parcours à travers l'Europe de l'astronomie de l'ESO. Cette carte est encore en construction, mais très prochainement des images et vidéos seront accessibles à partir des différents marqueurs qui jalonnent notre circuit.

Samedi 25 avril 2026, nord de l'Italie, Bologne.

Image de la Lune, prise le vendredi 24 avril au soir, à la lunette Takahashi de 100/800 mm, avec barlow Télévue 2,5.

Nous continuons notre voyage à travers l'Europe, et je ne peux résister au plaisir de vous transmettre les émotions astronomiques ressenties, lors de notre dernière nuit passée dans les Alpes italiennes. La qualité des images de la surface lunaire à l'oculaire de la lunette était stupéfiante avec une quasi absence de turbulence, donnant le sentiment d'être l'œil collé au hublot d'un vaisseau spatial en approche de notre satellite naturel ! Une région lunaire m'a particulièrement attirée. Celle des Alpes lunaires projetant son ombre sur la mer des Pluies, une ombre en forme de château extraordinaire avec des tourelles démesurées ! J'avais alors vraiment l'impression d'admirer un château de la Belle au Bois dormant. Je dois vous avouer avoir été magnétisé par la beauté de cette image dantesque. L'une de ces ombres est celle du Cap Deville, à 1300 mètres d'altitude. Le Cap Deville qui, pour l'anecdote, porte le nom du savant Charles Sainte-Claire-Deville, qui se trouve être… l'arrière arrière grand père de mon épouse Maguy ! Près du Cap Deville, se trouve le Mont Blanc lunaire, qui culmine à 3600 mètres. Une autre chaîne montagneuse lunaire est également particulièrement spectaculaire, celle des Apennins Lunaires. Enfin, le cirque Cassini, avec ses 57 km de diamètre, est particulièrement visible ce soir là.

Il s'agit là d'une belle association de symboles liés à cette nouvelle aventure que nous commençons tout juste ! Après être passé sous le Mont Blanc, de la France à l'Italie, nous bivouaquons dans les Alpes italiennes. Nous venons aujourd'hui de longer la Chaîne des Apennins avec ses sommets enneigés, pour arriver à Bologne où nous passons actuellement la nuit dans le camping. Et demain matin, nous irons dans cette ville sur les traces du célèbre astronome Jean-Dominique Cassini !

Voici deux images prises durant cette exceptionnelle nuit d'observation.

Dimanche 3 mai
Près de Brno, République tchèque.

 

L'aventure Des Étoiles pour l'Europe est commencée depuis plus de deux semaines. Nous faisons une petite pause bien méritée chez des amis tchèques, près de la ville de Brno. Une pause nécessaire, pour recharger les batteries, numériques et humaines, après deux semaines exceptionnelles et intenses. Je vais profiter de ces quelques jours de pause en République tchèque pour enfin commencer à prendre le temps de classer les images, traiter les vidéos, et faire une première synthèse de ce début de voyage extraordinaire à travers l'Europe de l'ESO Astronomy.

Que de souvenirs et d’impressions tout au long de ces quelques 2500 kilomètres parcourus ! Une formidable rencontre à l'Observatoire de Genève avec l'astronome Baptiste Lavie, qui nous a offert une passionnante découverte des installations scientifiques de l'observatoire. Des bivouacs incroyables dans les Alpes italiennes, avec de magnifiques observations lunaires. Une journée sublime dans la ville de Bologne, sur les traces de l'astronome du XVIIe siècle, Jean-Dominique Cassini, avec le passage du Soleil sur la méridienne de San Petronio, sans oublier une exceptionnelle visite de l'ancien observatoire de Bologne, au Museo della Specola, avec l'astrophysicienne Marcella Brusa. Une très belle et émouvante rencontre à Linz, avec le talentueux astronome amateur Erich Meyer, qui nous a fait une passionnante découverte de sa ville sur les traces de l'astronome mathématicien du XVIe et XVIIe siècle, Johannes Kepler. 
Un premier sentiment ressort avec force, après toutes ces premières rencontres avec ces astronomes en Suisse, en Italie, en Autriche, et actuellement en République Tchèque. Celui d’appartenir et d’être lié à une communauté. Nous sommes Français, Italiens, Autrichiens, Tchèques, et bien d’autres. Nos destins se sont parfois opposés. Et pourtant, nous avons une histoire commune et partagée à travers notamment les sciences de l’Univers. Et désormais, nous faisons partie d’une même organisation, l’ESO, capable de réaliser de formidables prouesses technologiques et scientifiques en construisant les plus grands télescopes de la planète pour explorer l’Univers !

Rencontre avec l'astronome Baptiste Lavie, à l'Observatoire de Genève.

Passage du Soleil au méridien, à San Petronio de Bologne.

Visite de l'ancien observatoire de Bologne, avec l'astrophysicienne Marcella Brusa.

Sur les traces du mathématicien Johannes Kepler, à Linz, en compagnie de l'astronome Erich Meyer.

Mardi 12 mai, Skalice nad Svitavou, près de Brno, République tchèque.

Première Carte postale vidéo

Voici une première carte postale vidéo sur le début de notre aventure Des Étoiles pour l'Europe. Soyez indulgent pour l'aspect technique… le montage est effectué dans les conditions du voyage et de nombreux défauts subsistent dans cette petite vidéo. Elle vous donnera néanmoins un petit aperçu de ce voyage extraordinaire de l'Europe de l'astronomie.

Jeudi 14 mai, Zory, dans la voïvodie de Silésie, Pologne.

Nous sommes désormais en Pologne et nous avons rendez-vous ce midi à l’Observatoire Planétarium de Silésie, à Chorzów, près de la ville de Katowice. Avant-hier, nous étions avec des responsables de l’Observatoire planétarium de Brno, en République tchèque, pour une visite exceptionnelle passionnante.

J’avais été fasciné, lors de ma première visite de la République tchèque en 2006, par la qualité et l’accessibilité pour le grand public à des observatoires astronomiques. Notre rendez-vous à l’Observatoire planétarium de Brno n’a fait que confirmer cette première impression. Après la Seconde guerre mondiale, une forte volonté politique permet la mise en place de centres de découverte de l’astronomie. Celui de Brno en est un exemple remarquable. La mobilisation de la population était grande, jusque dans la construction des bâtiments et l’installation des instruments. Aujourd’hui, le passé et le patrimoine de l’observatoire et de son planétarium sont avec intelligence entremêlés avec les techniques les plus modernes de la médiation culturelle scientifique.

Nous avons eu droit à un accueil fantastique de la part de Ondrej Kamensky et Pavel Karas, avec en cadeau quelques présents, tel ce magnifique ouvrage sur l’histoire de l’astronomie à Brno et deux ravissantes figurines d’un petit “extraterrestre” devenu avec beaucoup d’humour, depuis quelques années, le symbole de cette institution.

Une exceptionnelle visite du Planétarium observatoire de Brno, par Ondrej Kamensky et Pavel Karas

Vendredi 15 mai, près de Wroclaw, Pologne.

Notre voyage à travers l'Europe de l'astronomie de l'ESO Astronomy se poursuit avec bonheur. Hier, nous avions rendez-vous avec Damian Jabłeka, directeur adjoint du Planétarium de Silésie, à Chorzów en Pologne. Nous avons eu droit à une visite exceptionnelle de l'ensemble de l'établissement, et le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est très impressionnant ! La qualité de l'infrastructure, tout comme à Brno en République tchèque, est d'un très haut niveau, mariant le patrimoine et l'histoire du lieu avec les technologies les plus modernes.

Construit par la volonté du gouvernement durant la période communiste, en 1955, le choix d'installer en Silésie, à Chorzów, un tel établissement est lié au fort contexte ouvrier d'une région spécialisée dans l’extraction du charbon. Selon Damian Jableka, il s'agissait là d'une forme de remerciement aux ouvriers pour leur travail. Il apparait que les choix ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux de la Tchécoslovaquie à la même époque. Si en Tchécoslovaquie, il y a une multiplicité d’installations, très belles et parfaitement équipées, elles restent toutefois à des tailles raisonnables. Ici, en Pologne, des moyens considérables sont mis dans une région particulière, de par sa nature ouvrière, avec des dimensions très impressionnantes. Une coupole de planétarium de 23 mètres de diamètre, une lunette Zeiss de 30 de diamètre, à l'époque la plus grande de Pologne pour une lunette réfracteur. La mise en scène architecturale est spectaculaire, avec le bâtiment du planétarium en forme de Saturne. Au cours des années 2010, l’ensemble du site connait une totale rénovation et est aujourd’hui à la pointe de la technologie dans les outils de médiation en culture scientifique sur l’astronomie et la géophysique. Le moins que l'on puisse dire, c'est que Elouan et Youna étaient particulièrement fascinés, tout en apprenant de nombreuses notions scientifiques. Une très belle visite, doublée d'une très émouvante rencontre avec Damian Jabłeka.

Lundi 18 mai, Wernsdorf, près de Berlin

Grande journée hier à Berlin. Pour Elouan et Youna, ce sont quelques grands chapitres de l’Histoire que nous avons pu découvrir et expliciter, avec le Bundestag, la porte de Brandebourg, la Pariser Platz, le Mémorial de l’Holocauste, les vestiges du mur de Berlin… Dans le cadre de notre aventure à travers l’Europe de l’astronomie de l’ESO, de cette communauté de seize pays unis dans la recherche astronomique et capable de réaliser des prouesses dans l’étude de notre Univers, ce passage dans Berlin avait une symbolique particulièrement forte !

Nous avions ensuite rendez-vous avec Felix Lühning, à l’Observatoire Archenhold, le plus grand et le plus ancien observatoire populaire d’Allemagne.

Une visite exceptionnelle durant laquelle nous avons eu accès aux trésors et aux coulisses les plus secrètes de cet étonnant observatoire. Elouan et Youna ont été particulièrement étonnés de découvrir la qualité, la beauté et la fraicheur de certains livres de la bibliothèque, dont un ouvrage des années 1550 ! Mais bien évidemment, la pièce maitresse de cette institution est sa grande lunette qui domine la terrasse du bâtiment principal. Les mots manquent pour décrire cet instrument digne de figurer dans un roman de Jules Verne. La particularité de cette lunette, de 68 cm de diamètre et de 21 mètres de longueur focale, est d’être à l’espace libre. Pas de coupole, pas d’abris, si ce n’est pour la partie oculaire lorsqu’elle est au repos. Lorsque l’on arrive en vue de l’observatoire, on est véritablement fasciné par ce « canon géant » pointé vers la voûte céleste. La place me manque bien évidemment ici dans cette publication Facebook pour présenter l’histoire et les vicissitudes de cet observatoire et de sa grande lunette, dont la mise en service date de 1896 pour la Grande exposition industrielle de Berlin.

Mais rassurez-vous, j’ai près de trois heures d’enregistrement vidéo avec Felix Lühning ! De quoi nourrir un beau projet de livre sur cette aventure à travers l’Europe de l’astronomie.

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