Olivier Sauzereau est photographe professionnel spécialisé dans la prise de vue des phénomènes astronomiques. Depuis plus de vingt ans, il parcourt le monde pour photographier des moments exceptionnels où notre planète et l’Univers créent de véritables paysages cosmiques. D’un simple lever de Lune sur le Mont-Saint-Michel, ou d’une remarquable éclipse totale de Soleil dans les plaines de Sibérie, ses prises de vues ont entraîné Olivier Sauzereau de la Finlande à Ténériffe, du Haut-Atlas marocain aux Monts-Taurus en Turquie, jusqu’au cœur de l’Indonésie ou en Sibérie.

 

En mars 1986, Olivier Sauzereau a 19 ans. En mission à l’observatoire du Pic-du-Midi, il réalise une photographie montrant le passage de la comète Halley au-dessus de l'observatoire pyrénéen. L'image est publiée dans le monde entier, notamment dans Life. Depuis, à bord de son 4x4 qui transporte tout son matériel, et où il passe ses nuits de bref sommeil et de veille, il poursuit sa quête...

L’œuvre de Jules Verne, une source d’inspiration

L’origine de mon intérêt pour l’œuvre de Jules Verne remonte, comme pour celui de l’astronomie, à l’âge de 12 ans. En 1978, la ville de Nantes fête les 150 ans de la naissance de l’auteur nantais. Plusieurs expositions ont alors été créées. J’ai découvert au cours de ces manifestations l’univers de Jules Verne. Celui-ci a joué un grand rôle dans ma perception du monde scientifique et dans une certaine manière de voyager. Depuis l’enfance, les “Voyages extraordinaires” m’accompagnent et m’inspirent.

En 2003, dans le cadre de la préparation de “l’année Jules Verne” de 2005, les éditions Actes Sud m’ont proposé la direction de la collection “Les Mondes connus et inconnus” en coédition avec la Ville de Nantes. Dix ouvrages ont été publiés avec huit romans de Jules Verne, un livre sur les gravures des éditions Hetzel de l’œuvre vernienne, et enfin Le Titan moderne. Cette dernière publication est exceptionnelle puisqu’il s’agit d’une première édition ! Le Titan moderne est un manuscrit d’Albert Badoureau, ingénieur polytechnicien ayant aidé Jules Verne à la rédaction de Sans dessus dessous. Ce roman est celui où la rigueur scientifique est la plus importante dans “Les Voyages extraordinaires”. Dans cette aventure, les membres du Gun Club, ceux-là même qui dans De la Terre à la Lune ont envoyé l’obus vers notre satellite naturel, décident de construire un canon gigantesque sur les flancs du volcan le Kilimandjaro. L’effet de recul du coup de canon doit avoir pour conséquence de faire basculer l’axe de rotation de la Terre afin de permettre aux Américains d’exploiter les réserves de houilles du pôle nord dont les glaces auraient alors fondu. Faire basculer l’axe de rotation de la Terre n’est cependant pas une mince affaire et Jules Verne, pour concevoir cette nouvelle œuvre, fait appel à un ingénieur polytechnicien de grand talent : Albert Badoureau. Fidèle lecteur de l’auteur nantais, celui-ci s’engage à remettre à Jules Verne un dossier décrivant et calculant le canon capable de basculer le monde. Mais Badoureau, loin d’être un simple conseiller scientifique, va beaucoup plus loin dans la conception du roman en proposant des idées sur les personnages et sur l’histoire même. Une véritable correspondance régulière lie les deux hommes durant plusieurs mois qui aboutira à Sans dessus dessous. Ce dossier et cette correspondance, baptisés par Badoureau lui-même Le Titan moderne, ont été miraculeusement conservés et se trouvent aujourd’hui dans les réserves de la bibliothèque municipale de Nantes. Publié pour la première fois, ce document exceptionnel offre la possibilité rare de découvrir les coulisses rédactionnelles de l’auteur des “Voyages extraordinaires”. Le travail de retranscription du manuscrit et de ses nombreuses formules mathématiques, ainsi que l’appareil critique accompagnant cette édition, ont été réalisés avec Colette Le Lay, historienne des sciences et chercheur accueilli au Centre François Viète.

La préparation de “L’année Jules Verne” a été particulièrement chargée, avec non seulement la direction de la collection Actes Sud, mais également avec l’écriture et la narration du film Jules Verne et la mer, réalisé par le cinéaste Paul Cornet et animé avec la participation de Bernard Giraudeau. Pour cette commémoration, Agnès Marcetteau, directrice et conservatrice de la Bibliothèque municipale de Nantes et du Musée Jules-Verne, m’a chargé du commissariat de l’exposition Jules Verne, un monde illustré. Présentée à la médiathèque Jacques Demy durant le premier trimestre 2005, cette exposition fut ensuite installée au Musée de la Marine de Paris dans le cadre de l’exposition Jules Verne et la mer.

Ma collaboration avec le Musée Jules-Verne ne s’est pas arrêtée avec la fin de “l’Année Jules Verne”. J’y réalise régulièrement des visites pour des groupes et participe également, en étant membre permanent du Comité de rédaction, à la préparation de la revue Planète Jules Verne, coéditée par la Médiathèque de Nantes et les Amis de la Bibliothèque municipale de Nantes.

        Enfin, depuis 2013, je réalise avec Paul Cornet une série documentaire sur l’œuvre de Jules Verne. 64 épisodes de 13 minutes pour présenter l’ensemble des différents romans de Jules Verne. Un épisode, un roman ! Une aventure éditoriale extraordinaire que vous pouvez découvrir en allant sur le site internet de Télénantes :

http://www.telenantes.com/emission/jules-verne-saga

L’originalité de ce travail astrophotographique est de montrer le ciel astronomique vu depuis la Terre, offrant au néophyte la possibilité de découvrir le monde de l’astronomie avec une émotion tout d’abord esthétique. Chacun de ces clichés peut ainsi être regardé pour son aspect artistique mais également scientifique, puisqu’il s’agit à chaque fois d’une image nous parlant de science.

Parallèlement à son activité d’astrophotographe, Olivier Sauzereau travaille depuis 1984 dans les métiers de la vulgarisation scientifique à travers des conférences en France et en Europe, des expositions, des livres et des documentaires de télévision.

Enfin, Olivier Sauzereau est également chercheur associé au Centre François Viète d’épistémologie et d’histoire des sciences et des techniques de l’université de Nantes, chercheur associé au CRHIA (Centre de Recherches en Histoire Internationale et Atlantique) de l’université de Nantes. Depuis 2012, il est docteur en histoire des sciences de l’université de Nantes.

Emission sur radio Prune, à Nantes en novembre 2009, sur l’exposition Voyage vers le Soleil noir au Musée Jules Verne de Nantes

Emission

“Quand je serais grand” sur France Inter

par Philippe Bertrand.

Pour l’écouter cliquez sur l’image :